Amerindia n°25, 2000

La Platica Breve de la Doctrina Christiana (1584)

Gerald TAYLOR

CELIA, CNRS

Présentation

Vingt-quatre ans après la publication à Valladolid de la grammaire de Santo Tomás contenant la Platica à l’intention “de tous les Indiens”, les traducteurs du IIIème Concile de Lima firent paraître en 1584 la Doctrina Christiana[1] , premier livre imprimé au Pérou[2]. Cet ensemble de textes, où les effets du Concile de Trente et la présence prédominante des Jésuites se font sentir, contient aussi une Platica qui résume les éléments de la foi que toute personne doit connaître pour sauver son âme. L’original espagnol de ce document est traduit dans les deux langues qui étaient considérées comme “générales” au Pérou – le quechua et l’aymara. Une comparaison des deux Platicas – celle de Santo Tomás et celle du IIIème Concile – révèle une évolution du message que l’église adresse aux Indiens et, en ce qui concerne la traduction quechua, de la langue utilisée comme instrument de transmission de ce message. Si l’on se réfère au quechua du IIIème Concile toujours sous le nom de “langue générale”, celle-ci diffère en plusieurs aspects de la “langue générale” de Santo Tomás. En effet, une des caractéristiques de cette dernière – la sonorisation de /k/ à la suite d’une nasale – est définie comme étant typique de ceux qui “hablan corruptamente” (Doctrina Christiana, 74v). Les règles d’accentuation que la Doctrina Christiana réduit à un système extrêmement simple (l’accentuation systématique de la pénultième syllabe) ne correspondent pas non plus à celles de Santo Tomás. Cependant, le désir exprimé par les linguistes du IIIème Concile d’établir un langage susceptible d’être compris par un maximum d’Indiens dans un territoire s’étendant de Quito à Charcas[3] tend à restituer une norme consensuelle où tout ce qui aurait pu mettre en évidence les particularismes de la variante[4] de la langue générale pour laquelle ils ont opté est gommé par une orthographe neutre. Comme Santo Tomás, ils ont choisi un système graphique qui ne s’éloigne que très peu de celui qui sert à transcrire l’espagnol. Cependant, à la différence de Santo Tomás, ils sont conscients des différences qui existent dans la prononciation des deux langues, des différences qui ont dû être prises en considération par d’autres auteurs qui se consacraient à rédiger des descriptions de la langue ou qui réalisaient la traduction des textes de catéchèse qui ne nous sont pas parvenus. Les innovations qu’ils ont rejetées doivent se référer au quechua du Cuzco car au moins la série ta, tta, tha qu’ils citent suggère la distinction entre dentales simple, glottalisée et aspirée (Doctrina Christiana: 75). Les traducteurs du IIIème Concile mentionnent que les Indiens confondent [i] et [e], [u] et [o] et ils donnent plusieurs exemples de cette confusion tout en recommandant que l’on suive le système de transcription utilisé dans leurs travaux[5]. On peut remarquer que dans les trois exemples cités : Huaoq(ue), huauqui, ñoca, ñuca, quellca, quillca, c’est la présence d’occlusives uvulaires qui provoque l’ouverture des voyelles /i/ et /u/ ; celles-ci ne s’ouvrent pourtant pas au même degré que les voyelles espagnoles transcrites <e> et <o>, d’où la confusion de ceux qui ont formulé ce commentaire. L’usage consacré par les textes du IIIème Concile établit l’emploi des variantes [e] et [o] après <qu> et <c> respectivement pour indiquer la présence de l’uvulaire, ce qui signifie que l’on peut identifier la prononciation uvulaire de /q/ dans la transcription de la première syllabe de quellca /qillqa/ mais pas dans celle de la seconde[6]. Cependant, cette innovation – la transcription de /qi/ par <que> et de /qu/ par <co> – représente une amélioration par rapport à la graphie de Santo Tomás. En dehors de la notation partielle de l’uvulaire, la relative fidélité au modèle orthographique de l’espagnol signifie que, dans leurs versions normalisées, la Platica du IIIème Concile de 1584 ne diffère pas beaucoup – au moins du point de vue de la langue de base – de la Platica  de Santo Tomás publiée en 1560. Ni l’une ni l’autre ne contiennent les formes stigmatisées comme étant communes aux parlers particuliers du Chinchaysuyo[7] et, en dehors de la sonorisation des occlusives dans Santo Tomás, on ne trouve pas chez cet auteur les traces des transformations phonétiques décriées par les traducteurs du IIIème Concile[8]. Il est vrai que la présence de <x> dans deux racines lexicales de la Platica de Santo Tomás, que nous avons essayé d’expliquer dans la présentation qui précède notre édition de ce texte[9], représente une anomalie troublante aussi bien par rapport au quechua de Santo Tomás lui-même que par rapport à celui du IIIème Concile.

Pour Santo Tomás, la référence territoriale qui correspondait à la langue générale était l’ancien empire des Incas et plus spécifiquement les terres qui avaient été soumises à Huayna Capac où elle fonctionnait comme langue véhiculaire de l’élite et d’une partie importante de la population en général. À l’époque où écrivait Santo Tomás, le déplacement de populations provoqué par la politique coloniale, le besoin de communication entre les Indiens d’origines diverses et la nécessité de contact entre ceux-ci et les Espagnols avaient étendu l’emploi de la langue générale à toutes les catégories sociales. En même temps, l’évangélisation et les bouleversements administratifs associés à l’organisation de la société coloniale étaient responsables de son expansion au détriment des anciennes langues locales. Il est donc normal que la langue générale pratiquée par Santo Tomás ait été influencée par des éléments introduits par ses nouveaux locuteurs et que les transformations sociales se soient reflétées dans la langue.

Pour les traducteurs du IIIème Concile, le cadre qui établissait le modèle idéal de la langue n’était plus l’empire des Incas mais l’ancienne capitale impériale et la langue générale parfaite et légitime était donc le quechua du Cuzco. Malheureusement, comme nous l’avons indiqué plus haut, cette langue n’était plus totalement compréhensible pour la masse de la population indienne dont il fallait sauver les âmes. Les traducteurs du IIIème Concile étaient donc obligés – malgré eux – de trouver un compromis linguistique en évitant, d’un côté, les formes “corrompues et grossières” de certaines provinces, et de l’autre, le discours trop recherché et obscur des locuteurs du quechua du Cuzco. Le compromis réalisé se reflétait non seulement dans la langue mais aussi dans la norme établie pour la traduction. Conscients de l’inefficacité d’une traduction mot-à-mot, ils ont préféré définir le sens général d’un passage et chercher la manière la plus adéquate de le rendre dans la langue de la traduction en utilisant un langage de tous les jours, facile à saisir et correct dans son expression. Ils ont dirigé leur attention sur les provinces qui se situaient hors de la sphère d’influence du Cuzco et surtout sur celles qui s’étendaient de “Guamanga à Quito” et sur celle des terres basses (de la côte) qui ne parlaient pas avec la même perfection que les habitants du Cuzco[10]. Ils se justifiaient par le fait que le contenu de la Doctrine Chrétienne était en lui-même difficile à comprendre et qu’il ne faudrait surtout pas le compliquer par l’emploi d’un langage rare et obscur[11].

Il faut reconnaître que la politique linguistique du IIIème Concile a eu beaucoup de succès car les normes établies ont été suivies par de nombreux prêcheurs par la suite et même Diego de Molina, qui rédigeait un livre de sermons à Huánuco en 1649, est resté fidèle dans la graphie du corps de son oeuvre aux principes établis par les linguistes du IIIème Concile bien que, dans sa préface, il ait montré un souci de distinguer les sons réels de la langue. En effet, le grand avantage des travaux du IIIème Concile par rapport à la production littéraire de ceux qui étaient plus marqués par la tradition du Cuzco (Pérez Bocanegra et Avila surtout), c’était la possibilité, à une époque où la connaissance du quechua du Cuzco diminuait, d’être compris dans une zone beaucoup plus vaste grâce à une graphie simple, qui pouvait être interprétée avec des nuances diverses selon le dialecte d’origine du lecteur, et à un lexique peu marqué par une appartenance à une région spécifique.

En ce qui concerne plus spécifiquement le lexique de l’évangélisation, nous retrouvons plusieurs expressions déjà incorporées dans le Lexicon de Santo Tomás. Ainsi, ucu signifie le “corps”, la partie matérielle des êtres humains et des animaux vouée à la mort; camachicusca simi exprime les “commandements” et cruzpi chacatasca glose “crucifié”; hanacpacha représente le “Ciel”, caypacha la “Terre” et ucupacha l’ “Enfer”. Les huaca, les “idoles”, sont des “démons mensongers” (llulla supay).

Llama, qui apparaît dans Santo Tomás à côté de puma comme représentant de la catégorie des causaccuna, c’est-à-dire, des êtres vivants animés, est promu au rang de symbole général des “bêtes” car “comme il n’y a pas dans cette langue un terme qui signifie animal ou bête, on représente par cette espèce tous les types d’animaux”[12].

La racine cama-, déjà citée dans le Lexicon de Santo Tomás à côté de yachachi- comme traduction de “créer”, remplace complètement cette dernière pour évoquer une création ex nihilo. Son emploi devait sans doute semer la confusion parmi les ouailles pour lesquelles la nuance de “transmission de la force vitale” était encore présente. En outre, son renforcement par la racine pacarichi- “faire apparaître” pourrait rappeler les origines mythiques des communautés dans les pacarina.

L’ambiguité de l’emploi de Dios, écrit constamment avec une majuscule dans le sens de l’être unique désigné par ce nom mais aussi dans celui d’une catégorie de puissances surnaturelles que l’on aurait pu appeler huacas si ce terme n’avait pas été retenu pour définir les “idoles”, les faux dieux par excellence, crée un problème de traduction[13]. Nous avons essayé de le résoudre en limitant l’emploi de la majuscule pour nous référer au “Dieu” des chrétiens tandis que le concept de “dieu” en général est indiqué par le même terme écrit avec une minuscule. Cependant, les chrétiens indigènes, de conversion récente, en écoutant un message purement oral, devaient se perdre dans ce jeu de distinctions pas très évident et compliqué de surcroît par le fait que “Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, tout en étant trois, n’[était] qu’un seul être, un seul dieu”. Certes, dans les cultures indiennes, l’assimilation des huaca locaux et des huaca des groupes d’intrus (advenedizos) n’était pas inconnue et les ensembles des Pariacaca et des Chaupiñamoc représentaient autant de mystères pour le Père de Avila que sans doute la Trinité pour les autochtones. Cependant, même s’il y avait les huaca des vainqueurs qui prédominaient, leur culte n’était jamais exclusif et leur présence n’effaçait pas celle de tous les autres.

L’hispanisme anima désigne une nouvelle entité, l’ “âme” ou l’essence vitale des êtres humains qui, à la différence de celle qui “anime” les bêtes, ne meurt pas avec le corps. Camaque(n)  a été rejeté bien que le sens d’ “âme” lui ait été reconnu (Doctrina Christiana, 77v) et qu’il ait été employé dans ce sens par Santo Tomás et probablement l’ensemble des prédicateurs pré-tridentins. Il possédait sans doute trop de connotations peu compatibles avec les croyances chrétiennes. De toute façon, aucun élément de l’ancienne religion n’aurait pu s’identifier totalement avec l’anima chrétienne, ni l’ombre (supay), ni le souffle (samay), ni la source soutenante et animante (camac). En ce qui concerne le vocable cama, il est intéressant de voir qu'il s'associe à hucha, pour traduire un concept global de transgression, qui correspond aux définitions du vocabulaire anonyme de 1586 : Peccador, huchazapa, camazapa ; peccar, huchallicuni, camallicuni. Il est probable que l'évolution de cet emploi de cama a été parallèle à celle de hucha, où un glissement du sens de “devoir, obligation” à celui de “devoir non accompli, obligation non réalisée” s'est apparemment produit, semblable à celui qui en français associe “devoir” et “falloir” à “dette” et à “faute”.

Nous présentons ici la transcription en graphie normalisée du texte quechua de la Platica Breve, avec sa traduction française en vis-à-vis. En documents-annexes, nous transcrivons (1) le texte quechua, tel qu'il fut publié en 1584, suivi du document élaboré par le IIIème Concile (2), base de la traduction quechua. Ce dernier texte est retranscrit en graphie espagnole moderne.


(18v) Platica breve en que se contiene la suma de lo que ha de saber el que se hace Cristiano.

Ŝunqukamalla uyariway, churi. Huk iŝkay ŝimillapi qiŝpinqaykipaq yachanqaykikta willaŝqayki. Kaytaraq ñawpaqlla yachay. Hukllam Dios, llapa ima hayka kaqpa apun. Kay Diosmi hanaqpachakta, kaypachakta, llapa imaymana haykaymanaktawanpaŝ kamarqan, paqarichirqan. Pay sa(19)pallanmi Diosqa. Inti, killa, quyllur-kuna, mayukuna, urqukuna, llapa ima haykakunapaŝ, runap alliyninpaq Diospa kamaŝqanmi, ruraŝqanmi. Kay qapaq Dios mana paqtay hanaq-pachapi, kaypachapi, may pachapiwanpaŝ kaqmi, chiqanpi qullananqa allinpuniqa. Kay Diosmi payman ŝunqu runakunakta paypa kama-chikuŝqan ŝimintawan waqaychaqkunakta kay kawsay puchukaptin hanaqpachaman puŝaŝpa wiñaypaq kuŝichinqa. Mana alli runakunakta paypa kamachikuŝqan ŝiminta mana waqaychaqkunaktam ukupacha-man qarquŝpa wiñaypaq ñakarichinqa. Chaymanta kay kawsay puchu-kaptin huk kawsay kanmi. Runakunap animanchikkunaqa manam ukunchikkunawanchu wañunku llamakunahina. Aŝtawanraq yachay, churi, kay qapaq Dios cristianokunap muchaŝqaykum, Dios yaya, Dios churi, Dios Espíritu santo, kimsa persona kaŝpapaŝ manam kimsa Dioschu. Huk Diosllam. (20) Kay kimsantin persona Yaya Churi Espíritu Santo kimsa kaŝpapaŝ huk kayniyuqllam, huk Diosllam. Kay qapaq Diosllam chiqanpuni Diosqa. Manam huk huk Diosqa kanchu. Machuykichikkunap Diostahina muchaŝqan wakankunaqa llulla supaymi. Manam chayqankunaqa Dioschu. Kaytawanpaŝ yachaytaq. Kay qapaq Diospa churin Jesucristo ŝutiyuqmi wiñay virgen Santa Maríap wiksanpi runa tukurqan, paymantataq paqarimurqan. (20v) Pay kikin Jesucristo munaŝpa muchurqan, cruzpi chakataŝqa wañurqan, llapa runakunakta qiŝpichiwanqanchikpaq. Wañuŝqanmantari kawsarimpurqanmi, wiñaypaq kawsanqanpaq, manaña wañupunqanpaq. Hina kawsarimpuŝqam hanaqpachaman qullanan kuŝikuyniyuq wichay ripurqan. Chay hanaqpachamantari kikillantaqmi llapa runakunakta taripaq hampunqa. Chay pacham hinantin wañuq runa kawsarimpunqa. Alli cristianokunakta Diosman ŝunqu kaqkunaktam hanaqpachaman puŝaŝpa wiñaypaq kuŝichinqa. (21) Mana allikunakta mana Diosman ŝunqukunaktam qana ukupachaman qarquŝpa wiñaypaq ñakarichinqa. “Imaraykum Jesucristo Diosninchik runa tukurqan, ñakarikurqan, chiqan Dios kaŝpataq runa kayninpi wañurqan” ñiŝpa yachayta munaptiykiqa  willaŝqayki. Llapa  runakunam  ukupacha  wiñay  ñakari kuypaq ñiŝqa karqanchik huchanchikraykumanta,

Bref sermon qui contient la somme de ce qu'il faut savoir pour devenir chrétien.

Ecoute-moi, mon enfant, avec beaucoup d'attention. En quelques phrases seulement, je te raconterai ce qu'il faut que tu saches pour ton salut. En premier lieu, apprends ceci. Il n'y a qu'un seul dieu, le seigneur de tout ce qui existe. C'est Dieu qui créa, qui fit apparaître le ciel, la terre, la totalité des êtres et des choses. Lui seul est dieu. Le soleil, la lune, les étoiles, les fleuves, les montagnes, tout ce qui existe, a été créé, a été fait par Dieu pour le bien des hommes. Ce dieu puissant et inégalable, se trouve dans le ciel, sur la terre, partout, véritablement majestueux et suprêmement bon. Lorsque cette vie se terminera, Dieu conduira les hommes qui lui ont été fidèles et ont obéi à ses commandements au ciel, où il leur fera connaître le bonheur éternel. Il bannira les hommes mauvais qui n'ont pas obéi à ses commandements en enfer, où il leur fera subir des supplices sans fin. Quand cette vie s'achève, il y a une autre vie. A la différence de celles des bêtes, les âmes des êtres humains ne meurent pas avec leur chair. Sache, en outre, que ce dieu puissant que nous autres chrétiens aimons, Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, tout en étant trois, n'est qu'un seul être, un seul dieu. Il n'y a que ce dieu puissant qui soit vraiment un dieu. Il n'existe pas d'autres dieux. Les idoles que tes ancêtres adoraient comme des dieux sont des démons mensongers. Ceux-là ne sont pas des dieux. Sache aussi ceci. Celui qui s'appelle Jésus-Christ, le fils de Dieu le puissant, se transforma en homme dans le ventre de la vierge, Sainte Marie, et naquit comme fruit de ses entrailles. De sa propre volonté, Jésus-Christ souffrit et mourut sur la croix pour nous sauver, nous autres, tous les êtres humains. Et, après sa mort, il ressuscita et ensuite il vécut pour toujours sans jamais plus mourir. Lorsqu'il ressuscita, il monta au ciel où existe le bonheur suprême. Et c'est du ciel que ce même [Jésus-Christ] reviendra, seul, pour juger tous les êtres humains. Alors, tous les morts ressusciteront. Il conduira au ciel les bons chrétiens qui sont restés fidèles à Dieu pour qu'ils jouissent du bonheur éternel. Par contre, il bannira les mauvais – ceux qui ne sont pas restés fidèles à Dieu – en enfer où il leur fera subir des supplices sans fin. Si tu veux savoir pourquoi Jésus-Christ, notre Dieu se transforma en homme, souffrit et, malgré qu'il fût le vrai Dieu, mourut dans sa condition d'homme, je te l'expliquerai. Nous tous, l'ensemble des êtres humains, étions destinés à souffrir les peines éternelles de l'enfer à cause de nos péchés et du péché de nos ancêtres


machunchikkunap Diosta mana yupaychaŝqan huchanraykuma[n]tawan. Chayraykum apunchik Jesucristo Diospa sapay churin wakchaykuya[q] kaŝpa (21v) hanaqpachamanta kay pachaman uraykumurqan huchanchikkunamanta qiŝpichiwanqanchikpaq hanaqpachaman puŝawanqanchikpaq. Mana Jesucristo hamunman karqan chayqa, tukuy hinantin runakunam wiñaypaq usuchwan, wiñaypaq wañuchwan karqan. Kay kaymantam ari, churi, yachanki: pi mayqan runapaŝ qiŝpinqanpaqqa Jesucristomanraqmi iñinqa, paypa kamachikuŝqan ŝimintawan waqaychanqa, bautizakuŝpa cristiano tukunqa. Kay bautismopim ari llapa huchaykikunakta pampachapuŝunki chay huchaykikunamanta (22) chiqa ŝunqu llakikuptiyki, “kunanmantaqa wanaŝaqmi; Diospa ŝiminkamam kawsaŝaq” niptiyki. Ña bautizaŝqa kaŝpari ñataq huchallikupuŝpaqa qiŝpinqaykipaq Diosman kutirikunqaykim, llapa huchaykikunakta Diospa rantin padreman confessakunqaykim. Kay kayta ruraŝpam huchaykikunamanta qiŝpinki, Diospa kamachikuŝqan ŝiminta alli waqaychaŝpapaŝ wiñaypaqmi qiŝpinki. Diospa ŝiminri ancha allinmi, qullananpunim; llapa imay(22v)mana yachachiŝqankunari kay iŝkaymanmi tukun. Tukuy ima haykakta yalliŝpa Diosta munanki, runa masiykiktari kikiykiktahina kuyanki.

Kay kay ñiŝqayta wakinnin imaymana qullanan kaqtawanmi kikin Diosninchik ŝiminwan yachachirqan llapa cristianokunap huñukuyninman Santa Iglesia ŝutiyuqman. Bautismowanmi ari Santa Iglesiap wawan tukunki. Chayrayku kay Santa Iglesiap (23) ima hayka yachachiŝqanta kamachiŝqantawanpaŝ takyaq ŝunquykiwan iñinki, yupaychanki. Chayrayku, churi, Diospa kay kay kunaŝqay yacha-chiŝqay ŝimintaqa ŝunquykipi waqaychanki, huchaykikunamanta llakikuŝpari Diosta ŝunqukama waqyarinki. ŝimiykiwan rimariŝpa hina ñinki: “A, qapaq apuy Jesucristo, qamllam ari sapay Diosniy kanki; manam mayqanpaŝ huk huk Diosniyqa kanchu. (23v) Qammi yawariykiwan rantiwarqanki qiŝpichiwarqanki. Huchayta kamayta pampachapullaway, animayta qiŝpichipullaway. Llapa suyanayta qampim churaykuni. Wakchaykuyaq ŝunquykirayku graciaykita quway ŝimiykita waqaychanqaypaq hanaqpachaman qiŝpinqaypaq. Amen Iesus.


qui n'avaient pas respecté [les instructions de] Dieu. Pour ce motif, notre Seigneur Jésus-Christ, fils unique de Dieu, mu par son immense compassion, descendit du ciel sur la terre afin de nous délivrer de nos péchés et de nous conduire au ciel. Si Jésus-Christ n'était pas venu, alors nous tous – l'ensemble des êtres humains – serions perdus pour toujours, voués à la mort éternelle. Il faut, mon enfant, que tu saches ces choses-ci : tout homme, pour se sauver, devra d'abord croire en Jésus-Christ, obéir à ses commandements et, en se faisant baptiser, devenir chrétien. Car, par le baptême, Il pardonnera tous tes péchés si, d'un coeur sincère, tu te repentis de tes péchés et dis : “A partir de maintenant, je me corrigerai et je vivrai selon les préceptes de Dieu”. Si, après ton baptême, tu tombes de nouveau dans le péché, pour te sauver il faut que tu retournes à Dieu et que tu confesses tous tes péchés au curé qui est le représentant de Dieu. En faisant toutes ces choses-là, tu te délivreras de tes péchés et, si tu observes avec soin les commandements de Dieu, tu connaîtras le salut éternel. La parole de Dieu est suprêmement bonne et digne de respect. Toutes les choses que tu as apprises peuvent se résumer en ces deux [principes] : il faut aimer Dieu par dessus toute autre chose et traiter tes semblables avec la même compassion que tu voudrais recevoir de leur part.

Tout ce que je vous ai raconté ainsi que toutes sortes d'autres choses merveilleuses, c'est notre Dieu lui-même qui par sa propre bouche les a enseignées à l'assemblée de tous les chrétiens appelée la Sainte Église. En effet, c'est par le baptême que nous devenons enfants de la Sainte Église. Pour ce motif, il faut que tu croies d'un coeur ferme et que tu observes tout ce qui est enseigné et commandé par la Sainte Église. Tu devras donc, [mon] fils, garder dans ton coeur ces paroles que je vous ai prêchées, que je vous ai enseignées et, en te repentant de tes péchés, invoquer Dieu de tout ton coeur. En t'adressant à Lui de ta propre bouche, tu lui diras les mots suivants : “Ah, mon puissant Seigneur, Jésus-Christ, il n'y a que toi qui sois mon dieu unique, il n'y en a pas d'autres qui soient mon dieu. Toi, par [le sacrifice de] ton sang, m'as racheté, m'as sauvé. Pardonne-moi mes péchés, mes fautes et sauve mon âme. Je place tout mon espoir en toi. Dans ta grande miséricorde, fais-moi connaître ton enseignement pour que je l'observe et qu'en étant sauvé j'aille au Ciel. Amen.


Annexe 1

(18v) Platica bre-/

ve en qve se contiene /

la svmma de lo que ha /

de saber el que se haze /

Christiano.

Sonco camalla vyari-/huay churi, huc yscay / simillapi, quispincayqui/pac yacha(n)cayquicta villa/scayq(ui). Caytarac ñaupac-/lla yachay. Hucllam Dios / llapa yma hayca cacpa a-/pun. Cay Diosmi hanac-/pachacta, caypachacta, / llapa ymaymana, haycay/manactahuampas camar/ca(n), pacarichirca(n). Pay ça-/

<Palla(n)>

(19) palla(n)mi Diosca. Inti, quil/la, coyllurcuna, mayucu-/na, orcocuna, llapa yma-/haycacunapas runap allij/nimpac Diospa camasca(n)-/mi rurasca(n)mi. Cay capac / Dios mana pactay, hanac / pachapi, caypachapi, may / pachapihuampas cacmi, / checampi collana(n)ca allin/punica. Cay Diosmi pay-/man sonco runacunacta, / paypa camachicuscan si-/mintahuan huacaychac-/cunacta cay cauçay pu-/chucaptin, hanac pacha-/man pussaspa viñaypac / cussichinca. Mana alli /

<runa>

(19v) runacunacta paypa cama/chicuscan siminta, mana / huacaychaccunacta(m) vcu-/pachaman carcuspa vi-/ñaypac ñacarichi(n)ca. Chay/manta cay cauçay puchu-/captin huc cauçay canmi, / runacunap anima(n)chiccu-/naca, manam vcunchiccu/nahua(n)chu huañuncu lla-/macunahina. Astahua(n)rac / yachay churi, cay capac / Dios Chr(ist)ianocunap mu-/chascaycum, Dios Yaya, / Dios Churi, Dios Spiritu / sancto, quimça persona / caspapas, manam quimça / Dioschu, huc Diosllam. /

<Cay>

(20) Cay quimça(n)tin persona, / Yaya, Churi, Spiritusan-/cto quimça caspapas, huc / cayniocllam, huc Dioslla(m). Cay capac Diosllam che-/canpuni Diosca, manam / huc huc Diosca ca(n)chu, ma/chuyquichiccunap Diosta/hina muchascan huacan-/cunaca llulla çupaymi, ma/na(m) chaycancunaca Dios-/chu. Caytahuampas ya-/chaytac. Cay capac Dios-/pa churin Iesu Christo su-/tiocmi viñay virgen S. Ma/riap vicça(m)pi runa tucurca(n), / payma(n)tatac pacarimurca(n). /

<Pay>

(20v) Pay q(ui)qui(n) Iesuxp(ist)o, munas/pa muchurca(n), cruzpi cha/catasca huañurca(n), llapa ru/nacunacta quispichihua(n)/canhicpac. Huañuscan-/mantari cauçarimpurca(n)-/mi viñaypac cauçancam-/pac, mana ña huañupu(n)ca(m)-/pac, hina cauçarimpusca(m) / huanacpachama(n) [sic][14] collana(n)/ cussicuynioc vichay ripur/can. Chay hanacpachama(n)/tari quiquilla(n)tacmi llapa / runacunacta taripac ha(m)/punca. Chaypacha(m) hinan/tin huañuc runa cauçarin/punca. Alli Christianocu/nacta, Diosman sonco / caccunactam hanacpa-/chaman pussaspa viñay-/pac cussichinca./

<Mana>

(21) Mana allicunacta, mana / Diosman soncocunacta(m) cana vcupachama(n) carcus/pa viñaypàc ñacarichi(n)ca. / Ymaraycu(m) Iesu xp(ist)o Dios/ni(n)chic runa tucurca(n), ñaca/ricurca(n), checa(n) Dios caspa/tac, runa cayni(m)pi huañur-/ca(n) ñispa yachayta munap/tijq(ui)ca villascayq(ui). Llapa ru/nacuna(m) vcupacha viñay / ñacaricuypac ñisca carca(n)/chic hùcha(n)chicraycuma(n)-/ta, machu(n)chiccunap Dio/sta mana yupaychasca(n) hu/cha(n)raycumatahua(n) [sic]. Chay/raycu(m) apu(n)chic Iesu Chri/sto Diospa çapay churin / huacchaycuya [sic].caspa/

<ha->

(21v) hanacpachama(n)ta cay pa-/chama(n) vraycumurca(n). Hu-/cha(n)chiccunama(n)ta quispi/chihua(n)canchicpac, hanac/pachama(n) pussahua(n)ca(n)chic/pac. Mana Iesu xp(ist)o hamu(n)/ma(n) carca(n) chayca tucuy hi/na(n)tin runacuna(m) viñaypac / vçuchhua(n), viñaypac hua-/ñuchhua(n) carcan. Cay cayma(n)tamari, churi yachanq(ui) / pi mayca(n) runapas q(ui)spi(n)ca(n)/pacca, Iesu xp(ist)oma(n)racmi / yñinca, paypa camachicus/ca(n) simi(n)tahua(n) huacaycha(n)-/ca, baptizacuspa xp(ist)iano / tucu(n)ca. Cay baptismopi(m) / ari llapa huchayquicuna/cta pampachapussunqui. / Chay huchayq(ui)cunama(n)ta/

<che->

(22) checa sonco llaquicup-/tijqui, cunanma(n)taca hua/nassacmi Diospa siminca/mam cauçassac ñiptijqui. / Ña baptizasca caspari ña/tac huchallicupuspaca, / quispincayquipac Dios-/man cutiricuncayquim, / llapa huchayquicunacta / Diospa ra(n)tin padrema(n) co(n)/fessacu(n)cayquim. Cày cay/ta ruraspa(m) huchayquicu-/nama(n)ta quispinqui, Dios/pa camachicusca(n) siminta / alli huacaychaspapas vi-/ñaypacmi q(ui)spi(n)q(ui). Diospa / siminri a(n)cha allinmi co/llana(m)punim, llapa ymay-/

<ma>

(22v) mana yachachiscancuna/ri, cay yscayma(n)mi tucun. / Tucuy yma haycacta ya-/llispa Diosta munanqui, / runa macijquictari qui-/quiiquictahina cuyan-/qui,

Cay cay ñiscayta, hua-/quinin ymaymana co-/llanan cactahuanmi qui-/quin Diosninchic simin-/huan yachachircan lla-/pa christianocunap hu/ñucuyninma(n) sancta Ygle/sia sutiocman. Baptismo/huanmi ari sancta Ygle-/siap huahuan tucunqui, /chayraycu cay S(ancta) Yglesiap /

<yma>

(23) yma hayca yachachiscan/ta, camachiscantahuam/pas tacyac soncoyqui-/huan yñinqui yupaycha(n)/qui. Chayraycu churi. / Diospa cay cay cunascay / yachachiscay siminta-/ca soncoyquipi huacay/chanqui, huchayquicu-/namanta llaquicuspari / Diosta soncocama huac/yarinqui. Simijquihuan / rimarispa hina ñinq(ui) A, ca/pac apuy IESV Christo, / camlla(m) ari çapay Diosnij / canqui, manam maycam/pas huc huc Diosniycá / canchu.

<Cam>

(23v) Cammi yahuarijquihuan / rantihuarcanqui quispi-/chihuarca(n)qui, huchayta, /camayta pampachapulla/huay, animayta quispi-/chipullahuay. Llapa suya/nayta campim churaycu/ni. Huacchaycuyac son-/coyquiraycu graciayqui/ta coay. Simijquita hua-/caychancaypac, hanac-/pachama(n) quispincaypac.

Amen Iesus.


ANNEXE 2

Plática breve en que se contiene la suma de lo que ha de saber el que se hace cristiano

Óyeme, hijo mío, con atención y decirte he brevemente lo que te conviene saber para salvarte.

Primeramente sabrás que hay un Dios que es señor de todo, hacedor del Cielo y de la tierra y de todas las cosas y no hay más que un solo Dios porque el sol, la luna, las estrellas, los ríos, los montes y todo lo demás, es hechura de Dios que lo hizo para bien de los hombres. Este gran Dios, que está en el Cielo y en la tierra y en todo lugar es muy bueno y muy justo y a los hombres buenos que le sirven, después de esta vida, les da gloria sin fin en el cielo y a los malos que le ofenden, les da castigo con tormentos sin fin en el infierno. Porque después de esta vida hay otra vida, que dura para siempre y las ánimas de los hombres no se acaban como las bestias cuando mueren. Más has de saber, hijo mío, y es que este gran Dios a quien adoramos los cristianos, es Padre y Hijo y [E]spíritu Santo y, aunque son tres personas diferentes, no es más de un solo Dios.

Porque todas estas tres personas, que son Padre [e] Hijo y [E]spíritu Santo, tienen un mismo ser, éste es el Dios verdadero y no hay otro Dios y todos los demás que adoran las otras gentes, fuera de los cristianos, son falsos y vanos.

A[h]ora has de entender que el hijo de Dios, que se llama Jesucristo, se hizo hombre naciendo de la virgen María, y padeció muerte de Cruz por su voluntad para salvar [a] los hombres y después resucitó para nunca más morir y subió a los cielos glorioso y al fin del mundo ha de venir él mismo a juzgar a todos los hombres que entonces resucitarán y dará premio de gloria a los buenos y pena de infierno a los malos.

Y si quieres saber por qué causa se hizo hombre y padeció y murió en cuanto hombre, Jesucristo, nuestro Señor, siendo verdadero Dios, sabrás que todos los hombres estábamos condenados a muerte y pena sin fin por nuestros pecados y por el pecado de nuestros primeros padres que fueron desobedientes a Dios y el hijo de Dios, Jesucristo, por su bondad vino del cielo a la tierra a librarnos del pecado y a salvarnos y, si él no viniera, todos pereciéramos pa[ra] siempre. De aquí entenderás, hijo, cómo para ser salvos, los hombres han de creer en Jesucristo y recibir su ley, haciéndose cristianos por el santo Ba[u]tismo, por el cual se te perdonarán todos tus pecados si te arrepientes de ellos de corazón y determinas de no los hacer más sino vivir como lo manda la ley de Cristo. Y si eres ya cristiano ba[u]tizado y has tornado a pecar, el remedio que tienes es volverte a Dios y confesar tus culpas al sacerdote y serás perdonado y, si guardas la ley de Dios, serás salvo para siempre jamás y la ley de Dios es muy santa y muy justa y lo que toda ella enseña es que honres y ames a Dios sobre todas las cosas y hagas con tu pró[j]imo lo que tú querrías que hiciesen los otros contigo.

Todo esto y otras muchas cosas maravillosas enseñó Dios por su palabra a la congregación de los cristianos que se llama Santa Iglesia, cuyo hijo te haces por el Ba[u]tismo. Y así has de estar firme y determinado de creer y obedecer todo lo que la Santa Iglesia de parte de Dios te enseñare y mandare. Por eso, hijo mío, guarda en tu alma estas palabras de Dios que te he enseñado y, doliéndote de todos tus pecados, llama a Dios con tu corazón y con tu boca diciendo : “Señor mío, Jesucristo, tú eres mi Dios verdadero y no hay otro Dios sino tú; tú me redimiste por tu sangre, perdona mis culpas y salva mi ánima, pues toda mi esperanza pongo en ti y, por tu bondad, dame gracia para que guarde tus mandamientos y alcance la vida eterna. Amen.

 

 

 



[1]    Le titre complet de ce volume est Doctrina Christiana y catecismo para instruccion de los Indios, y de las demas personas, que han de ser enseñadas en nuestra sancta Fé. Con un confessionario, y otras cosas necessarias para los que doctrinan, que se contiene en la pagina siguiente. Compuesto por Auctoridad del Concilio Prouincial, que se celebro en la Ciudad de los Reyes, el año de 1583. Y por la misma traducida en las dos lenguas generales, de este Reyno, Quichua y Aymara.

[2]    Une comparaison des versions publiées avec le manuscrit définitif conservé au Cabildo de la Cathédrale de Lima ne révèle que des divergences mineures : une rationalisation de la ponctuation et la correction de quelques errata.

[3]    En dehors des variantes locales de certaines provinces spécifiques, “en todo lo demas conforma esta traduccion con lo que se vsa desde Quito hasta los Charcas” (Doctrina Cristiana:74v)

[4]    De dos extremos se ha procurado huyr en la traduccion de esta Doctrina christiana, y Catecismo, en la lengua Quichua. Que son, el modo tosco, y corrupto de hablar, que ay en algunas prouincias : y la demasiada curiosidad, con que algunos del Cuzco, y su comarca vsan de vocablos, y modos de dezir tan exquisitos, y obscuros, que salen de los limites del lenguaje, que propriamente se llama Quichua, introduziendo vocablos que por ve(n)tura se vsauan antiguamente, y agora nò, o aprouechandose de los que vsauan los Ingas, y señores, o tomandolos de otras naciones con quien tratan (Doctrina Christiana : 83 (sic) = 74r).

[5]    Quanto a la pronunciacion se aduierta primeramente que estas vocales e, i, y estas, o, u, simboliza(n), y assi los Indios las pronuncian indifferentemente, etiam dentro del Cuzco tomandola una por la otra, Huaoq(ue), huauqui, ñoca, ñuca, quellca, quillca, pero lo mejor y mas. pulido ha parescido el modo como las vsa esta traduction (Doctrina Christiana : 74v).

[6]    Dans le Vocabulario y phrasis en la lengua general de los indios del Peru, llamada Quichua…, publié par Antonio Ricardo en 1586 sous la supervision des linguistes du IIIème Concile, on distinguait la prononciation de l'uvulaire devant /a/ par l'emploi de <k> dans des mots susceptibles d'être confondus avec d'autres ayant une prononciation vélaire comme Aca, estiercol de persona o animal, o escoria de metal = /aka/ et Aka, chicha, et ses dérivés = /aqa/ ou Caca, tio hermano de la madre = /kaka/ et Caka, peña viua = /qaqa/. Nous ne reconstituons ici ni aspirées ni glottalisées qui n'apparaissent nulle part dans les travaux du Concile.

[7]    La imperfeccio(n) o barbariedad, q(ue) ay en los q(ue) habla(n) corruptame(n)te la le(n)gua Quichua, no esta ta(n)to en la conexio(n) de las dicciones, qua(n)to en la variedad de los vocablos, q(ue) son differentes de los q(ue) se vsan en el Cuzco, y algo toscos, tomados de sus ydiomas particulares, o del vso q(ue) comunme(n)te rescibiero(n) todos los q(ue) se llama(n) Chinchaysuyos. Como son, Tamyan por para(n), llueve, Pachia(n) por tocya(n) rebie(n)ta, Chiquian por comer, verde, Pistani por lluchuni, desollar reses, Sitani por chocani tirar, Chuscu por tahua q(ua)tro, Quihua por cacho yerua, Ucsa por ychu heno, Vllcu por cari varo(n), chacuas por paya vieja, Cusma por vncu camiseta, Anacu por acso saya de India y otros vocablos a este modo (Doctrina Christiana : 83 (sic) = 74r). Il est intéressant de noter que la plupart de ces termes, qualifiés ici comme étant typiquement chinchaysuyo, sont employés dans le manuscrit de Huarochirí qui est pourtant rédigé en “langue générale”. On les retrouve encore aujourd'hui dans les dialectes mixtes du nord. Il est possible que dans le Lima “multi-ethnique” des années 1580, la pratique de la lengua general ne correspondait pas au purisme cuzquénien souhaité par les jésuites du IIIème Concile.

[8]    /r/ > /l/; /t/ > /r/ > /l/; /s/ > /h/; /ll/ > /l/. La présence de /y/ dans la racine yalli- dans le texte de Santo Tomás au lieu du /ll/ que préfèrent les auteurs du IIIème Concile correspond à une alternance commune à la plupart des dialectes QII.

[9]    À paraître dans le Bulletin de l’Institut Français d’Etudes Andines, 30-1, Lima 2001.

[10]   C'est-à-dire, celles qui correspondaient à l'ancien Chinchaysuyo (ce qui ne veut pas dire que la langue qu'ils privilégiaient correspondait à ce que les grammairiens définissaient comme “chinchaysuyo” mais plutôt à la variante de la langue générale qui permettait la communication dans toute cette région).

[11]   Y por huyr el vicio de estos dos extremos [“el modo tosco, y corrupto … en algunas prouincias” y los “modos de dezir tan exquisitos, y obscuros … (de) algunos del Cuzco, y su comarca”] se tomo el medio, que es lenguaje comun, facil, y proprio, obseruando en la traduccion, la regla de interpretar sentido por sentido, mas que palabra por palabra : y tuuose en esto mas attencion a las prouincias, que estan fuera del Cuzco, y de los pueblos a el comarcanos, y mucho mas a los que estan desde Guamanga hasta Quito, y a los de los Llanos, do(n)de no hablan con la perfeccion que en el Cuzco, sino algo corruptamente, y en algunas prouincias con mas barbariedad que en otras. Pues siendo de suyo difficiles de entender las sentencias de la Doctrina christiana, no es bien obscurecerla con lenguaje exquisito y de pocos vsado (Doctrina Christiana : 83r).

[12]   … tomase esta especie por todo genero de animales porq(ue) no ay en esta lengua vocablo que signifique animal o bestia (Vocablos dificultosos de la lengua quichua. Doctrina Christiana, 77r).  

[13]   Dans le manuscrit conservé dans le Cabildo de la Cathédrale de Lima, Dios est toujours écrit avec une minuscule, ce qui a été corrigé dans les versions imprimées.

[14]   Señalado en la Fe de Erratas : “Fol. 20.b, Quichua, huanacpachaman. Diga, hanacpachaman.